De deux qu'ils étaient à sonner durant quelques vingt ans, ils ont sérieusement évolué et se produisent le plus souvent à trois depuis 1974, année où le Gouverneur Robert Anken mit la main sur le groupe dirigé par Silvio Mages, pour ne plus jamais le relâcher.
Chapeaux melons et gilets gris à la ville, ils endossent aisément le costume de ministériaux et ponctuent, avec la complicité du héraut, chaque alinéa du rituel guillonesque où que ce soit dans les parcs des châteaux, du grand théâtre au petit caveau et bien sûr à Chillon.
En admettant une moyenne de 17 interventions par soirée et, sachant qu'ils ont dépassé les 500 services, on s'aperçoit que le cap des 8'500 sonneries est déjà dépassé…
Lorsque les trompettistes abandonnent les simples sonneries d'appel pour se produire en concert, ils échangent leurs trompettes thébaines contre des instruments plus performants. Le groupe des mousquetaires "à bonne pince" passe alors à quatre, cinq, six et s'adjoint volontiers une contrebasse et une percussion.
Les Trompettes sont, sous la houlette de Grégoire Mages, fils de notre regrété Silvio, sans conteste la carte de visite, l'emblème de la Confrérie du Guillon.
L'histoire des Gais compagnons débute un peu comme une rigolade. En 1949, quatre compères, parmi lesquels le chef de chœur et compositeur André Pasche, ambitionnent de se constituer en groupe vocal dans le dessein de compléter le programme des sociétés aiglonnes. Or, à la deuxième répétition déjà, la formation se trouve fragilisée par la défection inopinée d'un quart (!) de ses membres.
Pour consolider ses assises, la petite équipe décide alors de gonfler ses effectifs et de se lancer dans l'aventure en double quatuor. L'anecdote veut toutefois que les huit chanteurs fussent neuf, pour des raisons que l'arithmétique élémentaire peine aujourd'hui encore à expliquer. Le succès est cette fois-ci au rendez-vous, qui les amène à côtoyer Gilles, Pierre Dudan ou encore les Quatre Barbus.
Un beau jour de 1959, la joyeuse cohorte quitte la scène pour pousser la chansonnette à l'intérieur d'un tonneau, dissimulés tel Diogène dans la cave de feu le Docteur Paul Anex, éminent conseiller du Guillon et figure auguste de la ville d'Aigle. La prestation de ces diables de carnotset fit si forte impression qu'ils furent aussitôt agrégés à la Confrérie.
Les Gais Compagnons comptent aujourd'hui une bonne vingtaine de chanteurs, toujours accompagnés à la guitare. Futurs barytons, basses et ténors se recrutent par cooptation au terme d'une année probatoire et parfois éliminatoire pour les postulants. Outre à une oreille heureusement musicale, le ciment de ce chœur tient aussi à une certaine tournure d'esprit, à un souffle indéfinissable qui relève à la fois de l'amitié et de l'espièglerie. Car il faut être joliment complices pour prendre plaisir à se retrouver plus de septante fois l'an autour d'un répertoire ardu et épais comme une bible, comprenant chansons à boire, variétés, grands classiques et aires médiévaux. Le choeur du Guillon sert une douzaine de chansons par ressat, proposées en trois bouchées sous la baguette du ménestrel et héraut vielleneuvois Claude-André Mani, successeur du regretté André Pache.
On a entendu les fameux Gais Compagnons chez le prince du Liechtenstein, sous les plus belles voûtes du Médoc, dans les châteaux de Louis II de Bavière, on les entend aussi au coeur des chapelles lorsque sonne l'heure funeste du départ d'un conseiller ou de l'un des leurs, on les entendra demain encore, fidèles enseignes chantants de toutes les rencontres de la Confrérie du Guillon.
Attachés à la tradition, ils se font un point d'honneur de répéter chaque mercredi à Aigle ou à Yvorne, berceau de leurs origines, et ne manqueront jamais de suspendre un violon et un jambon à leur porte, puisqu'ainsi le veulent l'hymne de Gainsbourg et les principes de l'amitié partagée. www.gaiscompagnonsduguillon.ch & Les 60 ans des Gais Compagnons
Aussi indispensables à la saison de la venaison que la confiture d'airelles ou le fondant de châtaignes, les Trompes d'Hauteville sont les hôtes coutumiers des Ressats d'automne.
Constitué en association il y a à peine plus de vingt ans, le groupe est issu de la Clique des éclaireurs du Vieux-Mazel, à Vevey. "Ils étaient quatre ou cinq anciens scouts à quitter la partie en même temps et à s'être mis en tête de jouer du cor", explique Bernard Regamey, l'un des huit sonneurs d'Hauteville, qui s'est joint peu après à l'équipe. Seulement… voilà: Il y a un monde entre jouer du cor de clique accordé en mi b et sonner de la trompe de chasse accordée en ré. Dès lors, après avoir remisé leurs vieux olifants, les sonneurs en herbe se sont mis au diapason sous la houlette experte de leurs parrains français.
Pour être dite d'Orléans, une trompe de chasse doit satisfaire à différents critères, définitivement fixés depuis Louis-Philippe. Les facteurs spécialisés font trois tours et demi d'une longueur de cuivre de 4545 millimètres, martèlent l'instrument un bon million de fois pour lui donner un aspect aussi lisse que celui d'un canon de fusil et lui confèrent une tessiture identique à celle du Cor des Alpes. Ils apportent enfin au pavillon une touche unique: un bronzage à l'antimoine, pour éviter que les chevaux qui suivent les sonneurs ne soient éblouis par la rutilance du métal. Fabriquée sur mesure, une trompe d'Orléans n'a pas de prix, mais coûte tout de même dans les deux mille francs suisses.
Avant de pouvoir tirer le moindre son un peu harmonieux de ces monstres spiralés capables de cracher les notes à plus 140 décibels, il faut que les sonneurs apprennent à les maîtriser. Sous l'égide avisée de Raphaël Ferrando, les Trompes d'Hauteville se réunissent ainsi le mardi soir à l'église Sainte-Claire de Vevey pour deux heures de répétition hebdomadaire. En effet, vaste est le répertoire de la vénerie française, la seule qui vaille. On compte ainsi près d'une centaine de moreaux canoniques, d'une durée pouvant varier de trente secondes à une minute vingt. Ces "Fanfares", comme on doit les nommer, ont chacune un titre et des paroles, correspondants soit à des lieux-dits, soit à des animaux, soit à l'un ou l'autre des multiples événements qui ponctuent une partie de chasse à courre.
Au Guillon, les Trompes d'Hauteville se produisent en général à trois reprises: une fois en haut de l'escalier de la cour d'honneur et deux fois en salle. Prestations alliant un parfait contrôle des lèvres avec la puissance du souffle, elles permettent de rappeler que le bon sonner, s'il est parfois un dur à cuivre, n'est jamais mal embouché.

Extrait du CD
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Le CD de la Confrérie du Guillon
50 ans déjà !
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Les Trompettes du Guillon
Dir. Grégoire Mages
1 Sonnerie Avertissement - 3 Intrada J.B. de Boismortier - 5 Sonnerie Royalty Ph.B. Catelinet - 6 Moredans T. Susato - 7 Marche C.P.E Bach - 11 Fanfare I F. Königshofer - 12 Marche de Touraine J.-B. Lully - 13 En cor C.H. Joubert - 14 Fanfare III F. Königshofer - 18 Que les drapeaux flottent J. Pravecek - 19 Sonnerie Anonyme 20 Sonnerie de chasse I Anonyme - 21 Fanfare I Lalanche - 22 Fanfare II Lalande - 24 2ème Valse D. Shostakovich - 25 Fanfare II F. Königshofer - 26 Marche des mercenaires F. Siegried - 29 Entrée de culte E. Stauffer 30 Allemande Anonyme - 31 Tedescha Anonyme - 32 Française Anonyme - 34 Psaume Anonyme - 35 Rondeau Anonyme - 36 Roulez tambours Traditionnel - 37 Oh when the saints Traditionnel - 40 Sonnerie de chasse II Anonyme - 41 Aïda G. Verdi - 42 Bolero Anonyme - 43 Little suite for winds R. Defoort
Les Gais Compagnons du Guillon
Dir. Claude Mani
8 Chant des guillonneurs P. Cherix - A. Pache - 10 Buvons aux confréries F.-M. Messerli/A. Pache - 15 Un destin qu'on envie R. Guignard/A. Pache - 17 Le vin de Lavaux H. Thélin/A. Pache - 23 Le pain oublié R. Guignard/A. Pache - 27 Je viens d'un pays G. Aubert/Harm : A. Pache - 33 Le bonheur J.-V. Gilles/Harm : A. Pache - 38 La messe de minuit Texte XVIe/A. Pache - 44 Chant de chasse R. Schumann - 45 Paysages d'automne F. Rouiller/A. Pache - 46 C'est pour toi compagnon G. Hirschi/A. Pache
Les Trompes d'Hauteville
Dir. Raphaël Ferrando
9 Souvenirs de Vouvrant H. de Fontaine - 16 Hommage aux Piqueux H. Heinrich - 28 La marche des Boers Anonyme - 39 Sanctus H. Heinrich